Atelier d’écriture #4

Réécriture à partir de la matière récoltée et écrite lors des ateliers 1 et 2 rentrée 2026 avec Louis

Ni temps, ni lieu,
Le bruit de la poussière, l’ombre du béton, pollen des chemins
Le silence suinte de chaque mur devenu crinoline
Les pierres grelottent… moi aussi

Je vous trouve enfin, fil de cuivre au pied du vent,
Méandre de corps dans la rosée, dévorés, sans fibre.
Vos os nus se brisent, têtes d’acier méconnaissables écrasées sur le bitume.
Bille de plomb sur l’occiput.

Je sors, je cours, je manque d’air.
Respiration courte, asphyxie des sens.
Orties d’usine sur mes plaies.
Hémorragie de mes sentiments,
Explosion solaire sur cette danse macabre.
La puanteur et cette couleur indéfinissable.
Je suis perdue, esquintée…
Je pleure les yeux ouverts sur cette abîme d’horreur et je me souviens des baisers.
Je crains que mon être se nécrose sous la douleur et les larmes,
Que la clé de mes prières soit de toujours vivre dans l’orage, les cris, le sang…

Explosion en pleine tronche pour chaque mots…
Inspirer le ciel os contre os
Fracasser les lignes et expirer la rage
Mais la fumée n’a plus rien à oublier.
Je bascule vers un au-delà, vidé de toute substance…

« Nuit d’argile, cœur humide, os du sommeil
Puissiez vous trouvez la paix
Nuit d’argile, cœur humide, os du sommeil
Que l’eau claire guide vos âmes »

Prière opalescente au firmament,
Une rose d’argent en guise de talisman.
Le destin ne cesse de jouer, il mélange les fils de la vie,
Coupe dans le tas et laisse le vide.

Entre chien et loup je reprend forme,
Corps endolori, cœur flétri sous la pluie d’étoiles naissantes
L’ombre de la nuit s’étire sur le rêve des mortels
Chaos décrépit, de ce que fût ma vie
Je ne peux rester, le danger est trop grand
Je peine à abandonner ce lieu refuge
Ma sororité devenue statues de sommeil
Je me relève semant la terre de mes larmes
Fuite invisible dans la nuit naissante.


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